Archive for the ‘Textes en français’ Category

Lettre reçue qui revient sur le Week End de résistance

dimanche, juillet 1st, 2012

Retour sur le week-end de résistance au Chefresne 22-24 juin 2012

Le 24 juin 2012 sur la commune de Montabot, Manche, nous avions donné rendez-vous aux forces de l’Ordre et notre invitation a bien fonctionné : elles étaient là. L’assemblée du Chefresne avait décidé en mars d’organiser un week-end de résistance au projet de ligne THT « Cotentin-Maine » actuellement en construction, avec pour ambition de créer des « interférences sur la ligne ». La commune du Chefresne résiste depuis le début, depuis 2006 : elle ne veut pas de THT sur son territoire. Il y a parallèlement, à cette opposition officielle, une ribambelle d’actions qui ont été menées contre des pylônes, du matériel de RTE. Nous sommes venus soutenir ces « rebelles » car le problème est mondial. Oui mondial.

Les massmedias oubliant systématiquement le fond du problème, nous sommes obligés de rappeler systématiquement qu’ils font partie intégrante du régime totalitaire dans lequel nous vivons. La société du spectacle et la manipulation de masse des opinions a succédé aux dictatures directes et brutales du Xxè siècle. Il n’y a plus besoin de tuer des opposants politiques qui pensent autrement que le pouvoir central, il suffit de mentir partiellement sur eux dans les massmédias, de détourner le sens de leurs actions et de leur paroles. Mentir partiellement est nettement plus efficace que mentir de manière éhontée. C’est encore ce qui s’est passé avec les articles de « Ouest-France » par exemple. Bien mal avisé celui qui ne lit que cette presse de propagande du Préfet.

Après tant d’années de résistance, le Maire du Chefresne a fini par démissionner de son mandat, et ses conseillers aussi. La pression venant du Préfet s’est accentuée au fur et à mesure que la ligne se construisait. L’histoire du camp Gaulois qui résiste avec une potion magique, c’est de la bande-dessinée. Et là, on en est loin : l’avant-veille du camp, le 20 juin à six heures du matin, des gendarmes mobiles ont défoncé la porte d’entrée du château d’eau communal, ont violemment expulsé les gens qui y dormaient puis ont confisqué le matériel qui y était entreposé : banderoles, affiches, tracts, ficelles, scotch. Un camion bâché est arrivé, des militaires en sont descendus et ont investi le château d’eau. Le Maire s’est alors rendu sur place avec son écharpe tricolore, a expliqué que le bâtiment communal avait été légalement prêté à une association « loi 1901 », mais les nouveaux squatters sont restés sur place. Il faut dire que d’en haut du château d’eau, les forces de l’Ordre avaient une excellente vue sur le camp de resistantes, mais aussi sur les pylônes 221, 222, et 223, situés sur la colline en face, à Montabot.

Au camp le samedi 23 juin après-midi, un adjoint du Maire du Chefresne est venu et s’est lancé dans un témoignage de leur combat pendant toutes ces années. Au bout de dix minutes à revivre les épisodes de leur lutte, sa voix s’est étranglée lorsqu’il a voulu remercier les trois cents jeunes qu’il avait devant lui, d’être venus les supporter. L’émotion l’a empêché d’en dire plus. Un éleveur victime en 1981 de la construction de la première ligne THT en Cotentin a parlé du combat qu’il mène depuis, puisqu’il a toujours refusé les sommes d’argent proposées par EDF et les cabinets ministériels en échange de son silence. De la nature des sols dépend des phénomènes d’induction qui perturbent les animaux. Dès qu’une ligne THT apparaît, les bêtes souffrent. Mais sur 6000 éleveurs en France, si 60 d’entre eux vendent leur exploitations pour la transformer en parcelle de céréales à cause de la ligne, l’Etat s’en contrefiche. La « Justice » a suivi, comme Himmler a suivi Hitler. Jamais un éleveur n’a obtenu gain de cause face à RTE, EDF et l’Etat : le juge oublie son devoir comme on efface la craie sur un tableau noir. Et l’on est censé oublier ce qui est présenté comme des cas isolés.

La ligne THT Cotentin-Maine est le pur produit de la mafia des cupides-autoritaires qui organise le régime totalitaire en France et ailleurs : cette ligne participe à la création d’un gigantesque réseau de circulation d’information mondial, avec non seulement vente d’électricité mais aussi contrôle des populations et automatisation de leurs échanges avec l’administration centrale. Le courant électrique sera produit par des éoliennes en mer du Nord, par des centrales nucléaires comme l’EPR de Flamanville, mais aussi mécaniquement par les trois réacteurs de Tricastin qui sont maintenant libérés de l’alimentation électrique de l’usine Eurodif qui a fermée. On vient d’apprendre qu’il y a une ligne THT en prévision dans le Pas de Calais, à Arras. En Allemagne, pas moins de cinq lignes THT sont programmées pour évacuer l’électricité des parcs éoliens offshore de la mer du Nord vers toute l’Europe. La THT de Perpignan -enfouie- servira pour l’électricité solaire venant du Sahara. Bref, les lignes THT sont des infrastructures juteuses qui font faire des sacrées affaires aux producteurs d’électricité et de services d’acheminement d’information. La France, comme disait Talleyrand sous l’Empire, « c’est une bonne affaire ».

Concernant notre action, il n’était bien sûr pas question pour les forces de l’Ordre de nous laisser accèder aux pylônes le jour prévu. Ils ont donc encerclé le camp dès le soir du 23 et il n’y avait aucune autre possibilité qu’une rencontre frontale. A Valognes, le 23 novembre 2011, quelques enfants de la liberté avaient pu accéder aux voies de chemin de fer pour saboter la ligne SNCF et rabattre le caquet à Areva et son papa l’Etat en retardant le départ du train de nuclear marchandizing vers l’Allemagne. A Montabot le 24 juin 2012, il n’y avait qu’une seule issue dans le bocage normand : les pierres contre les grenades, une marche pour l’honneur. Avec deux blessés à l’oeil et deux à la jambe*, plus un jeune arrêté après avoir été tabassé, le bilan est honnête car il faut bien reconnaître que s’ils avaient voulu l’alourdir, ils auraient pu : une vingtaine de gendarmes mobiles ont repoussé deux cent cinquante manifestants jusque dans leur camp, les bronches pleines de gaz « CS », à la limite de l’asphyxie. Ils avaient de quoi les exterminer.

Beaucoup de lecteurs se poseront la question de l’inconscience : à quoi cela sert-il de caillasser pour caillasser ? Il nous apparaît que parmi les différentes mouvances qui refusent le régime totalitaire, celles qui prônent l’action directe, la violence, la clandestinité, ont pu avoir du crédit dans ce qui s’est passé à Montabot. Le dilemme se posait en 1941-1943 en France occupée : les actions violentes des FTPF semblaient démesurément faibles vu l’effet produit sur l’adversaire. Si la violence est en soi condamnable, il faut comparer celle produite par les enfants de la liberté à Montabot en 2012, à celle perpétrée en permanence par l’Etat et ses myriades d’entreprises cupides-autoritaires : la fabrique de l’exclusion sociale et de la précarité au service de la baisse du coût du « travail », le chômeur ou le fainéant comme nouveau « juif » à culpabiliser, dénoncer et discriminer. Une fois qu’on a vu mais surtout vécu la violence institutionnelle, on trouve que lancer une pierre sur une cohorte de professionnels de la guerre, c’est peu de choses, même si cela n’a rien de glorieux car nous sommes tous fait pareils.

Nous savons que les forces de l’Ordre nous fichent et qu’elles n’hésiteront pas à nous arracher à nos vies sur terre si nous venions à obtenir un crédit auprès des gens. Notre seul espoir à tous, par-delà les frontières, c’est qu’une grande masse parvienne à réaliser dans quel monde elle vit, prenne conscience de sa vie. Ceci afin de faire tomber la main-mise des massmédias sur le cerveau qui annule les informations des organes sensitifs comme l’éblouissement de la pleine lune, la fraîcheur de la mare, le claquement d’un bec sur l’écorce, les paroles des vieux, la courbe d’un nu.

A la lecture de ce compte-rendu, nous pensons avoir fait passer l’essentiel : notre détermination n’a fait que grandir, s’affermir sur le camp de résistance du Chefresne. Nous appelons à l’utilisation de la diversité pour construire un mouvement d’une ampleur considérable dont la base ne devra jamais céder un pouce de terrain ni à la société nucléaire et son monde, ni au gouvernement représentatif, dont les deux organes – la pyramide des élus et la pyramide des fonctionnaire- organisent l’impuissance politique du peuple avec l’instrument des massmédias.

* [Note du blog] : Ce sont en fait bien plus de blessé-e-s qui ont été répertiorié-e-s dont six ont du être hospitalisé-e-s en urgence, deux pour des blessures à l’oeil, trois pour des blessures aux jambes et l’une pour des blessures multiples par éclats sur tout le corp et qui a du être opérée pour en retirer un du bras.

 

 

Pendant que nous étions au Chefresne et/ou à Montabot…

mercredi, juin 27th, 2012

Solidarité active du côté de Nantes !

Lettre ouverte au rassemblement du Chefresne

Par quelques un-e-s et quelques autres !

 

Bonjour.

Vous êtes nombreuses et nombreuses au week end de résistance qui se tient au Chefresne contre un projet de ligne THT. Nous aurions aimé y être nous aussi, mais on ne pouvait malheureusent pas.

La nuit dernière, entre vendredi et samedi 23 juin, en solidarité avec votre rassemblement, nous avons scié une partie de deux des pieds d’un pylone de très haute tension, à côté de Nantes, au sud de la Loire. C’était la première fois que nous faisions cela, et on n’a pas trouvé ça particulièrement difficile. Sur le moment, on avait l’impression que ça faisaient beaucoup de bruit, mais à quelques dizaines de mètres on n’entendait plus rien. On a pris des gants pour ne pas laisser d’empreintes et on a publié ce communiqué en utilisant un système d’anonymat appelé t(A)ils. On va sans doute recommencer ce genre d’action, peut-être dans quinze jours, à côté de la Roche-sur-Yon.

Nous espérons que ce geste de soutien va vous faire plaisir et contribuer à vous donner de l’enthousiasme pour un week-end réussi. Bravo à vous.

Amélie, Sophie, Benoît et quelques autres …

Le camp est ouvert et la diversion massive est de mise !

jeudi, juin 21st, 2012

RDV pour se divertir massivement ce dimanche 24 juin 2012 : 8 h sur les lieux du WE de résistance.

A noter que les contrôles d’identité avec fouilles des véhicules sont de plus en plus systématiques juste aux abords du camp (virage en haut de la butte et hamel godard).

Ci-dessous indications et cartes pour y parvenir :

D’où que vous soyez, nous vous encourageons à rejoindre Percy.

De l’A84 (Rennes, Caen et au-delà), prendre la sortie 38, VIRE, VILLEDIEU-les-POELES et suivre la direction PERCY.

A Percy, continuer tout droit et prendre la direction Saint-Lô / Villebaudon. Environ 2km après le bourg de Percy, prendre à droite une fois, et à nouveau à droite une deuxième fois quelques centaines de mètre plus loin (Mont-Robin). Vous passez à coté d’antennes de télécommunication. Au lieu-dit « La Butte » tourner à droite. C’est 200m plus loin.

A noter : le camp est sur la commune de Montabot.

 

 

N’oubler de vous consulter la page « pour venir au WE de résistance »

Bonne route et à tout de suite !

Rando-vélo, la suite…

mercredi, juin 20th, 2012

Cher Prentoux

La rando-vélo se passe très bien. La deuxième journée a été très sympathique. Tes chiens de garde ont décidé d’arrêter de nous coller au cul. Nous avons pu visiter la campagne mayennaise que tu sacages au fur et à mesure de l’avancement de ton sale boulot. Malgré tout nous avons rencontré tout au long de la route des personnes bien determinées à ne pas vous laisser poursuivre votre fièvre aménageuse. Nous en avons profité pour redécorer les routes de manifestations de notre désir de poursuivre la lutte.

Aujourd’hui, nous avons fait nos premiers pas dans la Manche, où nous avons pu constater que vous vous sentiez bien plus mal à l’aise, eu égard au nombre de flics qui nous ont accompagné pour la fin du trajet à Chèvreville. Cela ne nous aura pas empèché de passer une sympathique soirée projection en compagnie d’élus et d’habitants du village.

 

Rendez-vous ce mercredi pour la suite des aventures : 13h place de l’église à Juvigny-le-Tertre, pour un pique-nique et 20h à Saint-Laurent de Cuves pour une soirée discussion autour de la lutte anti-THT.

 

Bons baisers de Chèvreville

 

PS : RTe, prentoux dans tes pylones…

 

http://percysoustension.pagesperso-orange.fr/divers/archives/velo_01.html

 

 

Première journée de la rando velo

dimanche, juin 17th, 2012

Cliquez sur l'image pour agrandir le joli bourdon

Aprés un petit déjeuner dans Beaulieu-sur-Oudon sous surveillance de l’helicoptère de la gendarmerie, une trentaine de personnes ont entamé la rando vélo ce matin.

Départ à onze heures, direction Bréal-sous-Vitré, où nous avons déjeuné avant de rejoindre ce soir Le Bignon sur la commune de Bourgon, où doit avoir lieu une discussion sur la lutte anti-THT.

La bonne humeur et le soleil était au rendez-vous, mais aussi une importante surveillance policière (escorte en voiture et en hélicoptère sur presque la totalité du trajet).
Des pauses collage et discusssion avec les locaux nous ont permis de supporter ce long périple (20 km quand même) ; nous n’avons aucun contrôle d’identité à déplorer, mais quelques blessés légers (brûlure au premier degrés, le soleil ayant été plus agressif que la maréchaussé)

La randonnée vélo rejoindra le Chefresne pour le Camp de résistance en fin de semaine.

Demain, étape de Bourgon (10h devant la mairie) à Montaudin avec déjeuner à Saint-Pierre-des-Landes (rdv 13h devant l’église).

La journée de demain se concluera par la projection de « Plogoff, des pierres contre des fusils » à 20h30 à la Haute Jardière à Montaudin.

N’hésitez-pas à nous rejoindre pour partager un moment ou quelques tours de pédales.

Quelques photos a venir.

Tous au Chefresne (50) pour le WE de résistance contre la ligne T.H.T.

samedi, juin 16th, 2012

Chronique d’un état nucléaire à l’époque du «changement»

Le Chefresne, le 11 juin 2012

Depuis décembre 2011, l’administration française, RTE et son chapelet de sous-traitants ont lancé, dans la plus grande tradition oligarchique de la république française, les travaux de la ligne très haute tension Cotentin-Maine, sensée raccorder le futur réacteur EPR au reste du monde.
Depuis, des centaines de riverains, soutenus par de non moins nombreux opposants à une société nucléaire, ont décidé de s’opposer physiquement à l’avancée des travaux, dernier recours pour tenter de mettre un terme à cette expropriation de nos vies.
Si l’ensemble du parcours de la THT a connu, sur des modes très variés, les affres de cette colère légitime, depuis 5 mois Le Chefresne, commune du Sud-Manche, est l’endroit où cette résistance est manifestement la plus active. La détermination de ses habitants, maire en tête, n’y est pas pour rien. L’assemblée du Chefresne, regroupement circonstancié d’une centaine d’individus, y a d’ailleurs pris ses quartiers, dans l’espoir d’amplifier la lutte à côté des riverains et des multiples associations constituées tout le long du trajet.
Alors que le chantier continue quotidiennement à être perturbé, l’assemblée du Chefresne a voulu appeler à un week end de résistance les 22, 23 et 24 juin 2012, afin d’amplifier la lutte et donner du courage à tous les riverains, parfois isolés, et garder intact la détermination à en finir définitivement avec cette THT (et son monde).

Depuis que cet appel a été lancé, la situation a changé. Pas tant sur un aspect paysager, même si nous vivons comme un crève-coeur chaque nouveau pylône édifié, mais bien plus par l’occupation policière et militaire dont fait l’objet le territoire de la ligne.
Si depuis le mois de mars nous assistions à une mobilisation policière inouïe à l’occasion de chaque action publique, celle-ci n’a longtemps montré que peu de détermination à empêcher les interférences sur les chantiers, si ce n’est à nous dissuader par leur simple présence. Depuis quelques jours, le vent du « changement » a touché le Cotentin. L’arsenal répressif dont l’état français a toujours su faire usage, notamment quand il s’agit de s’en prendre à son industrie nucléaire, fonctionne à plein régime.

Mi-mai, garde à vue de 4 personnes, donnant lieu à l’inculpation de 3 personnes pour qui la gendarmerie essaye de fabriquer des figures d’organisateurs de la mobilisation de Valognes fin novembre 2011 tentant de perturber la circulation des déchets radioactifs. Procès le 9 octobre 2012 à Cherbourg.
Courant mai, une forte hausse des convocations et arrestations a été observée, y compris pour des « affaires » plus anciennes comme l’action publique de déboulonnage du 11 mars 2012 ou l’occupation, fin avril et début mai, d’une maison rachetée par RTE à ND de Cenilly.
Notons que dès le mois de mars, suite à une action de déboulonnage publique à Saint Martin d’Aubigny le 18 mars, une personne était arrêtée et convoquée au tribunal pour le 19 juin.
Début juin, lors d’une action de soutien à une famille en Mayenne qui refuse l’implantation d’un pylône sur son terrain, alors qu’une quarantaine de personnes occupe paisiblement la propriété de cette famille, les flics interviennent sans aucune raison (et en dépit de toute légalité) et expulse tout le monde avec la violence habituelle. Comme de coutume ces violences policières donnent lieu à une arrestation avec inculpation pour «rébellion». Procès à Laval, le 23 août 2012.

Le 5 juin 2012, l’incarnation du « changement » en personne débarque dans le Cotentin pour la commémoration du débarquement. Les élus du Chefresne, naïvement mais avec une détermination qui leur colle à la peau, tentent une entrevue avec le secrétaire de l’Elysée. Ils sont éconduits, « faute de temps », et renvoyés vers le préfet pour prendre un rendez-vous. A 16h : entretien téléphonique avec le préfet qui accepte de recevoir une délégation le jeudi pour entendre la revendication de moratoire sur le chantier THT, à l’instar de ce qui vient de se passer autour de l’aéroport de Notre Dame des Landes. A peine raccroché le téléphone, alors que la résistance au Chefresne avait empêché jusque-là tout travaux sur la commune, les pelleteuses de terrassement débarquent accompagnées de leur habituel cortège bleu foncé. Le rendez vous avec le préfet est bien entendu caduque, il faudra faire face physiquement dès le mercredi matin. Une quarantaine de personnes, maire en tête, sont au rendez-vous pour tenter de s’opposer à l’arrivée des machines. Le maire brandit son arrêté municipal interdisant l’édification des pylônes sur Le Chefresne.
Au bout de deux heures, les gendarmes l’embarquent et le mettent en garde à vue, avec deux autres riverains, pour entrave à la circulation, violence avec voie de faits. Deux autres personnes seront arrêtées peu après. 5 gardes à vue en tout sans suite judiciaires à ce jour. Émotion dans le village, chez les militants. Les médias s’emparent de cet évènement, à laveille des législatives. Le conseil municipal se réunit le vendredi soir et décide unanimement de boycotter les élections pour refuser de cautionner cette dictature nucléaire. Alors que s’ensuivent des tractations avec la préfecture pour que les élections soient prises en charge cette dernière, que le préfet accepte s’entendant sur le principe de mise à disposition du bureau, avec ouverture par le maire et fermeture par le premier adjoint, les gendarmes débarquent le samedi chez chacun des élus afin de les réquisitionner pour le lendemain, à l’encontre, une fois de plus, de l’engagement du préfet.
Menace de 30 000 € d’amende pour le maire et 15 000 € pour le premier adjoint. Face à ces trahisons, le conseil municipal décide à l’unanimité de démissionner, refusant de se coucher devant une telle dictature. Ils tiendront le bureau de vote sous la contrainte mais digne. Le harcèlement n’ayant plus de limite, dimanche 10 juin 2012 à 5h du matin, les gendarmes débarquent à nouveau chez le maire. La salle du bureau de vote aurait été vandalisée. En fait, ce sont 5 communes, dont Le Chefresne, qui ont vu les serrures des bureaux de vote obstruées. La population non plus ne désarme pas.

Il est maintenant évident et nécessaire, vu ce que nous imposent les pylônes dressés sur nos terres, que beaucoup de personnes sentent l’envie en eux d’agir directement contre ce maillon faible de l’industrie nucléaire vu l’inacceptable répression des opposants, les droits fondamentaux des personnes bafoués, les humiliations qu’inflige RTE à la population.

Chacun, à sa manière, doit pouvoir trouver les réponses pratiques à opposer à ce projet, avec un mot d’ordre commun, qui englobe toutes les formes d’actions possibles : faire taire les machines et stopper les travaux de la ligne THT Cotentin-Maine !

La solidarité est et sera notre atout majeur lors des prochains évènements qui ébranleront les travaux et les gestionnaires de la futur ligne THT.
Une multitude de nuisances ayant pris différentes formes ont déjà eu lieu contre ce projet. Elles sont toutes reproduisibles, populaires et démultipliables, pour peu qu’elles soient partagées, discutées.

Le rapport de force avec l’état et donc RTE, qui maintenant est notre seul outil pour faire plier le pouvoir, sera d’autant plus efficace que nous serons nombreux à crier notre rage, par-delà les désillusions du nouveau pouvoir en place, par-delà nos différences.

Voilà l’un des enjeux du camp anti THT : se retrouver, partager, échanger sur les pratiques, se renforcer pour agir lors de la journée d’action du dimanche 24 Juin, mais aussi bien évidemment : dès maintenant et plus tard tout au long des 163 km de ligne.

Rien n’est fait, tout se défait.

Ce qui s’est déjà joué depuis 6 mois sur le terrain n’est qu’un début. Amplifions nos envies de révolte contre toutes les infrastructures et les projets démentiels.

Vive la lutte anti THT

Appel et programme du WE, et video sur la lutte

THT : L’internationale du GUILIGUILI remercient chaudement RTE

jeudi, juin 14th, 2012

Jeudi 14 juin 2012

Chère ReTeTe,

Dans ce concert de désapprobation qui s’élève avec raison du fond des chemins creux sur tes mafieuses méthodes (pardonne leur car ils ne savent pas ce qu’ils font), une voix s’élève pour soutenir ton infâme besogne.

Hé oui il était temps que les lignes se brouillent, que les positions vacillent et que les trous du cul s’en mêlent…….

Si nous te remercions aujourd’hui, c’est pour les possibilités que tu nous offres de t’en faire baver pour l’éternité…. Et nous commencions sérieusement à désespérer de tes capacités à nous passionner.

Au lieu de s’attarder la betterave dans les bars clandestins de nos home sweet home, une génération spontanée de petits Don Quichottes hilarants arpentent désormais la cambrousse à la recherche des aires de jeu mises sympathiquement à leur disposition par tes soins.

Soyons clairs…. Nous ne t’aimons pas.

Tes manières nous déplaisent, tes amitiés nous gênent et ton arrogance nous irrite la pompe à vie.
Il faut cependant te reconnaître cette capacité à organiser les bases de situations passionnantes…… « L’aventurier est celui qui fait arriver les aventures, plus que celui à qui les aventures arrivent » écrit celui pour qui « l’histoire est émouvante » et le divertissement intégral (non ce n’est pas dans OUIOUI saccage le bocage….. Cherche encore)

Nous ne sommes ni de ceux qui alimentent les marches funèbres, ni des gentils animateurs du spectacle de la critique ……… nous sommes bien moins que ça. Juste libérés des illusions….. C’est dire si nous sommes dangereusement amusants et indésirables sous tous systèmes.

Nous savons les règles un brin pipées……Que le rapport de force reste bien inégal……..Que tes stroumphs suréquipés en cerveaux disponibles et dressés pour en découdre avec l’esprit des arbres n’attendent que de nous couper la sève.

Oui, tout cela nous le savons…. Vous irez jusqu’au bout…. Ne pas perdre la face.

Cependant, prends garde à ce qui se passe, tout particulièrement au Chefresne, et à la façon dont tu négocieras la réponse à l’offense qui t’est faite…. Nous parlons ici du « village » gaulois devenu symboliquement le lieu de résistance à ta toute puissance illégitime et des quelques irréductibles bonobos qui vocalisent leur détermination sur radio canopée dans le petit bois de la Bévinière.

Nos armes de distraction massive ne supporteraient pas de te voir leur faire bobo.

Ne sous-estimes pas le JE/JEU qui nous anime et le NOUS qui nous sublime.
Dis toi bien que tu partiras un jour…… Et le plus vite sera le mieux.
Qu’il sera alors toujours temps d’accélérer le vétuste de tes mégalocroix afin de les remiser au rayon des aberrations médiocratiques…… Juste pour s’amuser.
Nous croyons à la force de l’escargot.

La poussière est ton avenir….. Nous en faisons déjà l’élevage.

LE GRAND JEU a déjà commencé.
Pour tout ça, nous te remercions.

Pour l’internationale du GUILIGUILI : Raymonde DUSILENCE

Rassemblement de soutien au militant de Marais sous tension poursuivi pour déboulonnage

mardi, juin 12th, 2012

TGI de Coutances – 9h :

Dénonciation du projet de ligne THT Cotentin-Maine

 

Les actions de résistance aux chantiers de la ligne THT se sont multipliés depuis le début de l’année 2012, une année que la lutte avait annoncé compliquée pour RTE et consort, ce qui s’est confirmé au fil des mois avec de nombreux bâtons dans les chenilles du rouleau compresseur.

Une des formes d’action que nous avons pu observé sinon mettre en pratique est le déboulonnage des pylônes en cours de montage ou terminé de monté.

Plus ou moins symboliques suivant le nombre de boulons enlevés, et les dégats annexes causés, c’est déboulonnages furent et sont encore un des symboles de la lutte en cours contre cette ligne THT.

C‘est dans ce contexte et avec les usages de la désobéissance civile (acte revendiqué à visage découvert) que s’est déroulé le déboulonnage du 18 mars 2012 appelé par Marais sous Tension.

Ce jour-là, 8 militants accompagnés d’une soixantaine de soutien ont entrepris d’enlever quelques boulons du premier pylône érigé sur la commune de Saint Martin d’Aubigny au coeur du champ de résistance de l’association anti-THT Marais sous tension. Les forces aux ordres de RTE et du larbin préfectoral de cette entreprise ont alors décidé d’une arrestation ciblée, celle du président de l’association, bien qu’il ne fut qu’un des huit déboulonneurs.

Celui-ci se retrouve donc devant le TGI de Coutance le 19 juin 2012, convoqué à 9 h, heure à laquelle nous invitons à ce qu’il soit soutenu et bien au-delà du soutien qui lui sera porté, c’est un soutien à toute la lutte contre la balafre de la THT que nous revendiquons ce jour-là.